Comment s'est déroulée ma conversion à l'islam?

Par vendredi 5 octobre 2018 180

 

Es selam aleykum wa rahmetullah wa barakatu, je voudrais tout d’abord commencer par saluer mes frères et sœurs en Islam et saluer également toute personne, qu’elle soit croyante ou non, et cela avant d’entamer ma rédaction sur le sujet de ma conversion. Je voudrais tout d’abord dire aux lecteurs et aux lectrices que lors de ma prise de parole, j’essayerai de rester moi-même et sincère dans mes propos : ainsi vous pourrez, je l’espère, comprendre mon cheminement dans cette religion qu’est l’Islam. Je sais qu’en vous exposant mon passé, mon présent et les raisons qui m’ont poussée à adopter ce mode de vie, je prends le risque de rendre certains d’entre vous réticents ou méfiants à mon égard. C’est pour cela que je vous demande, cher public, d’être indulgent à la lecture de mes diverses publications, qui contribueront je l’espère à adoucir l’image de l’Islam mais également à sensibiliser la communauté musulmane et toute autre personne au phénomène de la radicalisation.

Je suis issue d’une famille musulmane dès ma naissance. Ayant une mère pratiquante depuis plus de 10 ans et un père qui a très peu de lien avec la pratique religieuse, aucun des deux ne m’ont donné une éducation religieuse. C’est Lorsque je n’avais que 13 ans que j’ai demandé à ma mère pourquoi est-ce qu’elle ne m’avait jamais parlé de notre religion. Elle m’a tout simplement répondu que j’étais beaucoup trop jeune pour comprendre les valeurs et les principes de l’Islam, mais cela ne m’a jamais empêchée de lui avoir poser beaucoup de questions comme par exemple « Qui est Allah ? Peut-on le voir ? ou bien qui est le prophète Muhammed ? Bien sûr, Les réponses étaient « Allah est ton Dieu et celui des autres[1] et que non, on ne peut pas le voir mais que lui nous voit et que le prophète était la personne qui a été envoyé par Dieu pour nous apprendre la religion »[2]. En ce qui concerne mon père, je n’ai pas vraiment cherché à lui poser des questions, car je savais qu’il n’avait pas les réponses. Pour lui, je pense que la religion n’avait qu’une place culturelle et traditionnelle.

Tout a commencé à l’école primaire, où j’avais beaucoup de difficultés scolaires. En effet, ce point faible avait attiré la raillerie et le rejet de mes camarades de classe. C’est à partir de ces moqueries et du sentiment de rejet que j’ai bâti ma solitude. Ayant longuement cherché de l’aide chez les enseignants et chez mes proches, aucun d’entre eux n’ont su comprendre la souffrance qui m’enveloppait. Après quelques temps, j’avais pris confiance en moi grâce à des amitiés, qui ont cependant très peu duré à cause de mon côté autoritaire et têtue. A l’époque, J’avais toujours un petit coin dont je ne m’en détachais point. C’était près d’un arbre, assise sur un gros caillou. J’attendais patiemment, après chaque pause, mes anciens camarades de classe pour me rendre visite car un an auparavant j’avais doublé ma deuxième année. Mais ils ne sont jamais venus. Les jours passaient, certaines camarades de ma nouvelle classe venaient parfois me rendre visite mais je les refusais car j’estimais que je n’avais pas besoin d’elles tout simplement. Je voulais rester seule, car personne ne me convenait réellement et je n’avais pas cette capacité à cacher la souffrance que je pouvais ressentir. Cette incapacité à découvrir l’autre et à rentrer en contact avec l’autre m’était impossible car je n’avais pas confiance en moi. Je n’avais plus aucune valeur à mes yeux alors pour quoi je devrais en avoir aux yeux des autres ?

Aujourd’hui, avec un peu plus de recul, j’ai compris qu’on ne peut pas choisir qui on est mais que c’est le vécu qui te fait devenir ce que tu es. Seule au monde, je ne savais plus vers qui je devais me retourner. Je ne trouvais pas ma place dans ce monde. Où était-elle, alors que je subissais moqueries sur moqueries, violence sur violence, de la part de mes camarades pourquoi ? Peut-être parce que je n’avais pas les connaissances nécessaires pour être au même niveau que tout le monde ? ou parce que j’avais besoin de plus temps pour pouvoir arriver au même niveau qu’eux ? Je ne sais pas. Je ne comprenais pas d’où venait toute cette agressivité et pourquoi est-ce que c’était moi que ça touchait et pas les autres ? Qu’avais-je fais pour avoir été sujette à ce genre de traitement ? Encore aujourd’hui je n’ai pas la réponse.

Je m’arrêterai là pour ce qui est de la première partie qui parlait de mon vécu à l’école primaire et qui fut une des causes de ma conversion. Je vous expliquerai, si Dieu le veut, ma découverte de l’Islam et comment est-ce que j’ai débuté dans ma nouvelle vie qui allait commencée en tant que musulmane pratiquante avec toutes les réalités que j’ai pu découvrir.

 

Sur ce que la paix soit sur vous.

 

[1] Traduction rapprochée S.2V.117 : Il est le Créateur des cieux et de la terre à partir du néant ! Lorsqu’il décide une chose, Il dit seulement : « soit », et elle est aussitôt

 

[2] S.64V.12 : Obéissez à Allah et obéissez au Messager et si vous vous détourne… Il n’incombe à Notre messager que de transmettre en claire (son message).

Flo

J’ai 20 ans et j’ai l’impression d’en avoir le double. Dans mes souvenirs, j’occupais mes journées sans me soucier du temps qui passait. De nature solitaire et munie d’une carapace forgée par mon vécu et mon travail social, c’est l’innocence et l’insouciance qui me manquent le plus. L’une de mes occupations favorites est de passer mon temps libre à regarder des mangas. Cela a suscité en moi une envie d’apprendre la langue japonaise. Si aujourd’hui j’avais la possibilité d’être un bruit, je serais une sirène d’alarme. Pourquoi? Pour rappeler l’homme au bien et à l’humanité. L’impulsivité et la haine en temps de crise ne sont-elles pas des fautes à pardonner? Moi, je le pense. Ce en quoi je crois c’est l’espoir, car sans celui-ci, il n’y a ni de paix, ni de foi, ni d’amour. Dans mon esprit, l’espérance représente la dernière bougie qui allumera les 3 autres flammes qui se sont éteintes. Une fois allumées, voici le vrai bonheur éternel.

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